Le Peuple Shipibo

Les Shipibos appartiennent à la grande famille linguistique Pano. Cette famille linguistique comprend plus de trente groupes ethniques de l’Amazonie péruvienne. La majorité des Shipibos vivent dans la région de l’Ucayali, dans la forêt tropicale humide des basses terres du Pérou. Ils ne vivent pas dans de grands villages, mais plutôt dans de petits groupes communautaires dispersés le long des rivières afin d’avoir une utilisation plus rationnelle des terres agricoles. Dans de nombreux cas, leurs villages sont inondés ou emportés par les crues de la rivière et ils se contentent de déménager et d’en construire un nouveau.

Les Shipibos couvrent leurs besoins en fabriquant tout ce qui est essentiel. Ainsi, s’ils veulent voyager, ils construisent un canoë, s’ils veulent manger ; ils vont pêcher, chasser ou récolter ; s’ils veulent s’habiller, ils confectionnent leurs vêtements. Leurs marchés sont la forêt elle-même, avec ses plantes, ses animaux, ses rivières et ses lacs. La pêche et la chasse sont des tâches masculines, qu’ils accomplissent pendant que les femmes s’occupent du foyer et des enfants et produisent les objets d’usage quotidien et l’artisanat qu’elles vendent maintenant pour acheter des biens industriels. Cependant, cela ne s’applique pas à tous les groupes, car beaucoup d’entre eux sont assez éloignés du monde moderne et de ses influences.

Toute leur vie tourne autour de la conviction que tout ce qui existe est une unité, que tout doit être harmonisé pour vivre en santé et en paix. Le monde des Shipibos, dans lequel tout ce qui existe est composé de dessins, est vraiment une ouverture sur l’infini, à l’univers, au non-périssable. C’est une grande source de connaissances spirituelles et d’un mode de vie harmonieux, de respect de l’environnement, de l’homme, du divin et de la création. Pour eux, toute chose existante a une âme, un propriétaire, un protecteur. Ils les appellent Ibo. Ce sont eux qui leur ont appris à pêcher, à chasser et à broder de différentes manières. Ce sont eux qui forment les hommes au contrôle et l’exploitation rationnelle de l’environnement ainsi que le bon usage des moyens qui leur permettent de vivre dans la forêt. Les Ibo les plus importants sont le colibri, l’anaconda et l’ayahuasca, également considérés comme “la mère des plantes maîtresses”.

Le cosmos est également très important dans la vie et les croyances de ce groupe ethnique, car ils pensent que la terre et le ciel se reflètent et doivent être harmonisés. Leur croyance que les étoiles “traversent le ciel en canoë” nous donne une vision romantique de ce peuple, qui représente dans ses tissus de fond noirs, un ciel étoilé.

Une caractéristique de la culture des Shipibo est la relation que son peuple entretient avec les plantes et les herbes. Des centaines d’herbes médicinales sont utilisées par la communauté, principalement par les guérisseurs qui connaissent les propriétés et les vertus de chacune d’entre elles, ce qui leur confère un rôle très important.

Les guérisseurs Shipibos sont de véritables experts dans l’utilisation des plantes maîtresses. Celle qui identifie le plus ce groupe ethnique est l’Ayahuasca; ils ont acquis une grande sagesse avec cette plante. Ils “voyagent” en transe vers les mondes spirituels les plus lointains pour trouver l’origine de la maladie d’un patient, trouver la solution pour le bien-être de leur peuple, le guider et le protéger.